Enlevez la mairie à Gilbert Annette

Appel au nom du droit de regard

Le communisme stalinien, qui se voulait modèle international de société, ce communisme, qui aurait pris la Réunion dans ses filets si le Parti communiste réunionnais avait réussi à faire d’elle un « Etat démocratique et populaire », comme il le revendiquait, eh bien ce communisme-là, n’est plus aujourd’hui qu’une parenthèse dans l’histoire de l’humanité !

Notre île l’a échappé belle ! Elle a été sauvée, par ses citoyens ordinaires, qui se sont mobilisés et se sont battus de toutes leurs forces, pour défendre le statut départemental.

Honneur à eux, dont beaucoup ne sont plus de ce monde !

Dionysiennes, Dionysiens, moi qui fus des leurs, c’est en leur nom que je vous lance cet appel : « Indignez-vous ! Mobilisez-vous ! Agissez et votez pour enlever la mairie de Saint-Denis à Gilbert Annette !

Il m’en coûte de vous le demander !

Mais, militant départementaliste de la première heure, j’ai le devoir de le faire pour les raisons que voici :

1) Saint-Denis est la première ville de l’outre-mer par sa population, sa notoriété et son melting-pot légendaire. Si les socialistes emportent une seconde fois, cette mairie, ministres, médias et autres analystes politiques, y verront une approbation de la politique gouvernementale à la Réunion : l’île où tout va bien ! Ce qui est totalement faux, car le pays est dans l’impasse. Tous les voyants sont au rouge. Les germes de l’explosion sont présents partout. Un rien peut mettre le feu aux poudres. Il faut le signifier au gouvernement en faisant sauter un symbole : la mairie de Saint-Denis !

2) On ne fait pas résoudre un problème par celui qui l’a créé ! A cause de certains de ses choix politiques inconséquents, ou faits pour nuire, ou par appétit de pouvoir, Gilbert Annette a poussé le département dans l’impasse. Jugez-en !

Au début des années 1975, un peu dépité, du fait de son action qui n’avance pas, Paul Vergès déclare : « Nous continuons notre combat, en prenant appui sur la situation réunionnaise, nous arriverons à une situation telle que le pouvoir de droite devra faire face à une situation bloquée. » (Témoignages, 3 mars 1975). Pour y parvenir, il suffit d’exiger « l’égalité sociale » sans mesures pour protéger l’emploi, et d’exiger aussi la suppression du planning familial, qui freine la montée démographique. Pour avoir ces leviers en mains, il faut d’abord conquérir le pouvoir. Paul Vergès le sait, il en rêve, mais malgré l’arrivée de François Mitterrand à la présidence de la République, il est toujours dans le creux de la vague et y restera jusqu’en 1996.

En avril de cette année-là, a lieu une élection sénatoriale partielle, et Gilbert Annette, avec qui il a comploté en 1992 pour faire battre Albert Ramassamy, le socialiste jugé trop proche de Michel Debré, est maire de Saint-Denis. Il a droit à un retour d’ascenseur.

Et il l’aura ! D’emblée, sans même ouvrir un appel à candidatures, Gilbert Annette impose aux socialistes, qui l’acceptent, la candidature de Paul Vergès à l’élection sénatoriale partielle du 14 avril 1996. Jean-Claude Fruteau, dont je salue la loyauté, n’y peut rien.

Revenu au pouvoir, très vite, Paul Vergès, grand maître dans l’art d’exposer brillamment des analyses même erronées, est jugé par Paris « homme politique incontournable » pour la Réunion. Il séduit le monde économique qui lui accorde une totale confiance. En 1998, c’est lui qui conduit la liste de rassemblement PCR-PS aux élections régionales. Président de la région pour six ans (1998-2004), par une impolitesse, lors du renouvellement de 2004, il signifie aux socialistes qu’il n’a plus besoin d’eux. Et sa liste gagne les élections. Sa politique fondée sur le développement sans croissance ; la création d’emplois, par financement de grands travaux sur les dotations de l’Etat et de l’Europe ; de l’égalité sociale non assortie de mesures d’adaptation pour protéger les entreprises et freiner la montée démographique, sa politique dis-je, a conduit le pays, comme il avait eu l’honnêteté de l’annoncer, à une situation bloquée.

Paul Vergès est dans sa logique : démontrer que la départementalisation mène à l’échec et préparer son remplacement par une autonomie, qui, pour les raisons exposées au début de cet article, ne peut plus être séparatiste. Il peut en tirer rebondissement et crédibilité.

Cette solution, qui s’impose de plus en plus, lui donnera raison devant l’histoire.

Et c’est à Gilbert Annette qu’il doit d’avoir réussi son entreprise : casser les départementalistes.

N’est ce pas une raison suffisante pour appeler à sortir ce dernier, coûte que coûte de la mairie de Saint-Denis ?

Son action politique a profité davantage au Parti communiste réunionnais qu’au Parti socialiste.

Que cela soit dit, pour que les éventuels ralliements à la liste de Gilbert Annette se fassent en connaissance de cause et dans la clarté.

Et que ces « ralliés » cessent de proclamer que c’est dans l’« intérêt des Réunionnais et pour servir les Dionysiens. » Mon œil !

Albert Ramassamy Ancien sénateur

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Un commentaire pour Enlevez la mairie à Gilbert Annette

  1. daniella dit :

    Oui mais pour laisser la mairie à qui ? je crois qu’il est le moins pire… le PS national est une horreur, le PS local un peu moins…

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