Zéro pointé pour la justice

75 % des français trouvent que la justice fonctionne mal d’après un sondage BVA publié dans le Parisien…

Et les réunionnais ? Nos différents mouvements nous ont amenés à rencontrer non seulement des justiciables dont la défiance était étalée sur des panneaux mais aussi la population : si en France la justice fonctionne mal, ici à La Réunion elle ne fonctionne pas du tout. Eveil citoyen 974 avait adressé à la ministre de la justice un nouveau courrier avant le sondage BVA pour l’interpeler à nouveau sur les graves dysfonctionnements locaux :

Madame La Ministre,
Nous avons tenté à plusieurs reprises d’attirer votre attention sur les dysfonctionnements graves auxquels sont confrontés les justiciables à La Réunion. Vous avez d’ailleurs pu le constater par vous-mêmes dans la mesure où les pauvres magistrats entre les mains desquels sont nos dossiers dérangeant  occultés depuis de nombreuses années par ces mêmes magistrats, vous ont appelé à l’aide. Vous avez envoyé à leur chevet l’IGS.
Les justiciables vous ont aussi appelé à l’aide par le biais de notre collectif et vous ont demandé de les faire entendre par l’IGS, pour permettre à vos représentants d’appréhender le contexte local que les dossiers en souffrance expliquent sans ambiguïté. Malheureusement, les justiciables n’ont pas le droit d’être entendu par le pouvoir en place en vertu du grand principe démocratique de la séparation apparente du pouvoir et de justice. La justice apparait ici comme un pouvoir à part entière qui n’a aucun représentant pour empêcher les abus de ses membres envers ceux qu’ils sont censés défendre. Nous vous avons d’ailleurs apporté un certain nombre d’éléments afin de vous permettre d’évaluer la situation locale.Vous n’avez pas pris la peine de nous répondre. Nous avons sans doute présumé de votre sens des responsabilités et des devoirs que nous estimons être inhérents au poste de ministre. Mais nous ne nous décourageons pas et avons encore des idéaux démocratiques, malgré l’adversité que nous traversons tous dans nos vie quotidienne en raison de l’état de décrépitude de l’institution justice à La Réunion et d’une façon très générale en France.
Les réformes se succèdent depuis des siècles à chaque changement de gouvernement avec le même défi : construire la justice de demain sans les justiciables. Ministres, députés, magistrats des hautes cours (juges, procureurs, avocats), auxiliaires de justices (avocats, bâtonniers…) se réunissent, travaillent en commission, font et défont les systèmes existants, créent et renforcent… Ces commissions génèrent des rapports de milliers de pages entourant les professions et les difficultés rencontrés par les magistrats dans leur travail, l’organisation des palais de justice… Des rapports dans lesquels le simple mot de justiciable qui sont les usagers et le simple mot de victime sont à peine cités. Dans ces commissions, les justiciables ne sont jamais entendus, jamais pris en compte, jamais interrogés et ne peuvent donc pas faire état des abus et des dysfonctionnements dont ils sont témoins.
Le résultat est navrant et reconnu même au-delà des frontières : le conseil de l’Europe estime à juste titre que la France doit encore mieux faire en matière de prévention de la corruption (Ici) des parlementaires, juges et procureurs. Certains de nos adhérents ont frappé à de nombreuses portes pour tenter de trouver des réponses, beaucoup ont sollicité les hauts magistrats locaux. En vain. D’autres ont interpelé ministres, députés, chef de l’Etat pour témoigner des droits fondamentaux bafoués par les collectivités locales, par les administrations locales, par les élus locaux… En vain. Nous avons sollicité de notre côté toutes les instances supérieures jusqu’au vice-président du Conseil d’Etat, nous appuyant sur un dossier emblématique qui laisse pantois devant l’inefficacité des services publics et judiciaires. En vain.
Nous vous demandons une nouvelle fois, à qui faut-il s’adresser en France lorsque nous sommes témoins et victimes des graves dysfonctionnements institutionnels au sein de la justice ? Qui peut rendre une justice équitable et prendre en main des dossiers rendus complexes par l’incompétence des élus, des fonctionnaires de la préfecture, des magistrats en charge des dossiers… A qui doit-on s’adresser ? Allons-nous être dans l’obligation de poser nos questions au Conseil de L’Europe, au Parlement Européen et à la Cour Européenne des droits de l’homme à qui nous joindrons les nombreux courriers sans réponse que nous avons adressés à tous les ministères ?
Nous profitons de ce courrier pour vous rappeler que l’institution justice de La Réunion est dans une situation financière critique et qu’il manque toujours des effectifs pour permettre de faire face à la montée en charge du travail. Si le manque de moyens humains et financiers n’explique pas tout, il est un vecteur important pour obtenir une qualité de travail indispensable au vu de l’importance des missions d’une institution dont dépendent la sécurité et la protection de tous les citoyens…
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3 commentaires pour Zéro pointé pour la justice

  1. Pascal H dit :

    Ont dit on fait on approuve n ‘importe quoi dans certain dossiers justice Pei

  2. Albert H dit :

    Le nouveau procureur va t’ il agir ? je pense vu la situation

  3. Maa dit :

    J’attends toujours, et j’ai vraiment du mal à encore y croire…

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